Wassup Rocker Radioest une émission originaire de Toledo (Ohio) que l’on connait bien par ici. J’ai eu l’occasion d’y avoir un segment il y a quelques années de cela dans lequel je présentais chaque semaine les meilleurs morceaux du moment, c’était la belle époque. Créé par l’excellent Alex Kish, elle a repris du service il y a un an environ (lien), puis elle s’est transformé en émission TV (lien) et voilà qu’elle fait paraître sa première compilation, Sick Sounds.
Composé de 32 morceaux – c’est trop !, elle fait la part belle au college rock sous toutes ses coutures. Vous n’avez pas aimé American Pie et Animal House ? Passez votre route. Si vous avez en revanche rêvé d’être membre d’une fraternité, sans aucune honte, cette compilation pourrait bien être la meilleure chose qui vous soit arrivée cette année. Pour l’occasion, Alex Kish a demandé aux groupes de lui envoyer des inédits. Il a réuni une sacrée ribambelle d’artistes en un rien de temps. Chapeau bas. Et pour le reste, c’est chapeau up, parce qu’il faut bien mettre de la bière dedans.
Avec cette compilation, WRR nous donne l’une des bandes-son de notre été 2018. Il magnifie le party rock, le dumb punk, ce qu’il y a de plus chessy en chacun de nous. Il magnifie le rire, faisant du rock’n’roll la blague invincible dont on ne le lassera jamais, parce que l’adolescent qui se cache en nous à encore quelques séances érotiques dans son escarcelle.
Geoff Palmer introduit la danse avec “This One’s Gonna Be Hot“. La rumeur dit qu’il écoute ce titre dans la frat’ de Rock’n’Roll High School. Et le relais d’être prit par les The Why Oh Whys qui, à l’aide de “Without You I’m Nothing“, semble avoir voulu délivrer une bande-son pour marcher dans la rue, l’air fier et débile à la fois. Vient ensuite Lucy And The Rats avec “Girl“, un titre de bubblegum qui nous rappellera bien évidemment la magie de Peach Kelli Pop. Il s’agit sans conteste de la première claque de la compilation Wassup Rocker Radio qui nous offre un monde de chupa-chups. Et l’on a déjà un premier indice sur la teneur de cette dernière qui n’est jamais aussi pertinente que lorsqu’elle est pop !
Criminal Kids vient donner un côté Dictators à cette compilation. Et c’est tout en puissance que les Black Heart Breakers enchainent avec “Melody“. Je vois la scène : la caméra commence avec beaucoup de hauteur puis descend rapidement sur le terrain de football américain. Les types ont un discours à peine compréhensible, mais je crois qu’ils parlent des cheerleaders qui sont sur la droite. Et cette musique de venir compléter le fond sonore.
Brad Marino délivre un titre plus intéressant encore, parce qu’il s’inscrit pleinement dans la mouvance power pop qui m’est si chère. “C’mon C’mon C’mon” est un hommage caché aux Nerves et à la scène New Yorkaise de la fin des années 70. Ils sont rares les groupes à s’y frotter. Et la transition est bien gérée avec les Devious Ones qui, délivrant un “Eyes Off You” très coloré, font également dans la bubblegum bien sucrée. Faz Waltz complète cet excellent trio avec “Julie“. Il vient boucler l’un des grands temps forts de cette compilation. Il s’est toujours agi pour les artistes power pop d’écrire des chansons d’amour, ce que Faz Waltz fait ici à la perfection. Les Records seraient fiers.
Sans transition, Private Function vient nous dire qu’il y a aussi le punk dans la vie. Avec “Spontaneous Combustion“, il va plus vite que la musique (c’est possible), rappelant la vivacité des Wires. Dans la même veine, Küken délivre l’un des grands morceaux de cette compilation. “I’m Not A Fuck Up” est un Sick Sound dans toute sa splendeur. Le groupe a sorti les cuirs et les battes, on est dans le plus grand cliché du punk seventies et ça fonctionne à merveille. Ça crisse, aussi.
Allé hop, Latte+ opère un petit retour au college à l’occasion de son “I Don’t Wanna Be With You Tonite“. Mais c’était sans compter sur les Darts qui, pour la première fois de la compilation, osent le titre grandiloquent, le genre de morceau influencé par les Black Sabbath et qui a muté en quelque chose de plus punk, un comble.
Rik & The Pigs rouvre la voie vers une musique plus instantanée avec un “(Baby I’m) Electric” de punk pop taillé pour le fun. Puis vient un objet non volant non identifié : “Italian Jeans“, des Stufft Crust. On ne sait pas vraiment si les types ont été biberonnés à l’afro-pop ou à Elvis Presley, mais le fait est que leur morceau parvient à atteindre le stade slacker sans trop de difficulté.
Les Exbats ont forcément mon attention depuis que je les ai chroniqués (lien). Leur “I Got Fights” est en tout point excellent. Le girl power est décidément très efficace lorsqu’il s’échappe des codes restrictifs du Riot grrrl. Et parce que WRR veut finir en beauté, il a gardé de l’excellent bubblegum punk avec le “She Knows” des Teenage Frames, “You Know” des Connection et “Losing My Mind” des Dirty Cheetah. Je ne pouvais logiquement résister au “Blitzkrieg In Holland” des Rosegarden Funeral Party (Amsterdam, here I am) ainsi qu’au dernier coup de massue qui est donné par les Gino & The Goons avec “Lay With Me“. Nobunny n’est pas mort !
Au final, Sick Sounds passe parfois en force mais il en ressort surtout une excellente compilation qui explore plusieurs sous-genres du college punk. Voilà bien une ode à l’adolescence comme on l’attendait. Et puis, elle constitue aussi la meilleure compilation de titres power pop qui soit parue depuis des lustres. Alex Kish doit être célébré pour avoir réussi à réunir autant de groupes excellents. Il ne nous reste plus qu’à aller explorer leur bandcamp respectif ainsi que de nous connecter sur les prochains épisodes de Wassup Rocker Radio.
Lucy And The Rats – Girl Brad Marino – C’mon C’mon C’mon Küken – I’m Not A Fuck Up Stufft Crust – Italian Jeans The Exbats – I Got Fights
Tracklist : Sick Sounds (Compilation, WRR, 2018) 1. Geoff Palmer – This One’s Gonna Be Hot 2. The Why Oh Whys – Without You I’m Nothing 3. Lucy And The Rats – Girl 4. Glitter Trash – Hustlin’ 5. The Matt Truman Ego Trip – Bad News 6. Criminal Kids – Outcast 7. The Cheetahs – Girl Of Doom (Live) 8. Black Heart Breakers – Melody 9. Brad Marino – C’mon C’mon C’mon 10. Devious Ones – Eyes Off You 11. Faz Waltz – Julie 12. Private Function – Spontaneous Combustion 13. Killer Hearts – Death On The Dial 14. BBQT – Play Rock N Roll 15. Küken – I’m Not A Fuck Up 16. Latte+ – I Don’t Wanna Be With You Tonite 17. Xslf – Inflammable Material 18. The Darts – Bullet 19. Razorbats – Social Rejects 20. Molly & The Krells – You’re Gonna Lose 21. Rik & The Pigs – (Baby I’m) Electric 22. Stufft Crust – Italian Jeans 23. The Crazy Squeeze – Hard Livin’ Man 24. The Exbats – I Got Fights 25. Teenage Frames – She Knows 26. The Handcuffs – Dirty Glitter 27. Voiid – Not For You 28. The Connection – You Know 29. The Sold And Bones – Full Circle Suicide 30. Dirty Cheetah – Losing My Mind 31. Rosegarden Funeral Party – Blitzkrieg In Holland 32. Gino & The Goons – Lay With Me Liens : Lien vers la compilation Girsville Lien vers toutes les compilations chroniqués
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